Sommes nous prêt·es à la zéro artificialisation nette ?

illustration

L' objectif zéro artificialisation nette (ZAN) des sols est un des éléments clés pour freiner la perte de biodiversité et la réduction des terres agricoles nourricières. En plus de son colloque Terres (à) ménager du 9 novembre dernier (en webinaire), le Département a commandé une enquête d'opinion sur les grands enjeux de l'artificialisation des sols auprès de citoyens et citoyennes, de collectivités et d'entreprises du BTP. Les résultats donnent quelques pistes pour accélérer la dynamique d'une politique très attendue en termes d'objectifs mais dont les leviers de mise en œuvre sont moins partagés, notamment de la part des habitant·es, pas encore prêt·es à réduire leur confort de vie.

La lutte contre l’artificialisation des sols, enjeu essentiel pour préserver la biodiversité et le maintien des terres agricoles

Les collectivités sont unanimes à 98% pour dire que la lutte contre l’artificialisation des sols est essentielle pour préserver la biodiversité et le maintien des terres agricoles. Jugé pertinent à 85 % et adapté à 82 %, l’objectif zéro artificialisation nette manque peut-être de clarté et est parfois jugé trop ambitieux. Pour atteindre cet objectif, les avis sont partagés entre le rôle particulier à tenir par les communes (45 %) ou par tous : départements, régions, citoyens, entreprises du bâtiment(42%).

Des synergies à créer pour atteindre l’objectif de zéro artificialisation nette

D'après les collectivités et les entreprises du BTP, les synergies ne sont pas encore suffisantes pour porter l’objectif de zéro artificialisation nette. Les entreprises du bâtiment sont d’ailleurs plus de 9 sur 10 à souhaiter davantage d’interactions avec les décideurs locaux autour de cet objectif. Le portage politique semble ainsi le premier levier d'action avec la mise en place d'une gouvernance de l'artificialisation des sols.

Des efforts à concentrer sur les surfaces commerciales et économiques, les zones industrielles mais aussi l’habitat

Pour maîtriser l’artificialisation, collectivités et entreprises du bâtiment pensent qu’il faut avant tout concentrer les efforts sur les surfaces commerciales et économiques. 67 % des entreprises estiment d’ailleurs qu’il faudrait interdire la création de centres commerciaux pour y parvenir. La priorité est aussi donnée aux zones industrielles. En 3e position est cité l’habitat.

Des Français plus sensibles à la question de l’environnement depuis la crise...mais pas forcément prêts à faire des concessions sur leur modèle d’habitat idéal

Pour réduire l’artificialisation des sols, la réhabilitation et l’occupation des logements, zones commerciales et bureaux vacants a la faveur des Français·es à 84 %. 8 sur 10 considèrent aussi la renaturation des terres et la mise à disposition des terres non exploitées à l'agriculture comme une solution utile. Mais dans les faits, elles et ils ne semblent pas prêt·es à faire des concessions. 63 % n’accepteraient pas de mettre à disposition une partie de leur terrain/jardin aux agriculteurs et agricultrices, et encore moins de diviser leur parcelle pour y construire des logements (à 80 %). Par ailleurs, 62 % des Français·es estiment que limiter ou réduire la taille des jardins privatifs n’est pas une solution utile, ni le fait de vivre en appartement plutôt qu’en maison (55 %). Plus acceptable ; la mutualisation des espaces remporte 57% d'avis favorables.

Pour changer le monde de demain, trouver l’équilibre entre la préservation de la nature et les préoccupations des Français

 À charge aux entreprises et aux collectivités de convaincre avec un modèle d’habitat qui répond aux attentes des Français·es sans rogner sur le capital nature. Pour repenser la conception du lieu d'habitation idéal et finalement revoir les schémas de pensées, un  effort collectif est nécessaire dans un monde qui sera différent de celui d’aujourd’hui, pour 77 % des Français·es.

Retrouvez l'intégralité de l'enquête d'opinion : "Les grands défis de l’artificialisation des sols"

Réalisée en partenariat avec La Gazette des communes et Le Moniteur, cette étude a été menée par Infopro Digital du 2 au 16 septembre 2020.

Consultez les résultats de l'enquête

 

Pour aller plus loin, nous vous proposons le retour sur le colloque Terres (à) ménager organisé pour la 2e fois par le Département de Loire-Atlantique.

Partagez cette page :

Suivez aussi l'actualité en vidéo

Suivez aussi l'actualité en vidéo

Abonnez-vous à la chaîne officielle du Département de Loire-Atlantique